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TOCARD, CHAROGNARD, CONNARD
Grace au "casse toi pauvre con", outre notre omniprésident, c'est tout le gouvernement, tout la Sarkozye qui profite de l'occasion pour nous dévoiler sa proximité avec le peuple.Pour Michel Barnier, Sarkozy n'a fait que répondre à son interlocuteur " d'homme à homme, c'est tout".
Pour Fillon, cette réplique historique est une magnifique preuve de parler-vrai, "ce qui compte, c'est aussi la transparence. Il n'y a pas d'hypocrisie." Et Karoutchi, secrétaire d'Etat aux Relations avec le parlement, ajoute que, lors de ce haut fait d'armes, Sarkozy son héros a "démontré" "un calme et une sérénité vraiment exceptionnels", d'ailleurs lui-meme aurait sans doute" mis une baffe" au pauvre con. C'est dire à quel point nos gouvernants sont spontanés, couillus, francs du collier et gueulards comme l'est le populo.... Ou du moins comme ils s'imaginent qu'est le populo.
Ce ne sont donc pas de simples dérapages verbaux auxquels il se livrent depuis quelques semaines.Mais une volonté de communiquer avec la France d'en bas.
Panafieu, la candidate UMP à la mairie de Paris, a ainsi traité Delanoe de "tocard", puis expliqué que c'etait "gentil" de traiter quelqu'un de "tocard". A l'occasion de la publication d''un SMS attribué à Sarkozy, Rama Yade a traité les jour-nalistes de "charognards", et expliqué qu'ils le méritaient bien. Dans un rire, Devedjian a traité de "salope" l'ex-deputée MoDem Anne-Marie Comparini (puis s'est excusé, on se demande pourquoi)
Bref, on se lache, on se débonde, on se desserre la ceinture. Et il ne s'agit pas là d'extreme nervosité, oh non, cela n'a rien à voir avec le retentissante gamelle de Sarkozy dans les sondages, ni avec cette impression de ratage généralisé, cette atmosphère de débandade d'avant municipales. Il ne s'agit pas de se mettre à insulter tous azimuts tous ceux qui n'applaudissent pas le spectacle du Sarko-circus, journalistes, oppo-sants politiques, simples citoyens. La preuve : les insultes sont punies de prison. Ainsi le manifestant qui, en 2004 au Forum des Halles à Paris, avait lancé à Sarko : "Retourne en Chine, espéce de Hongrois", s'etait pris 1 mois ferme. Idem pour celui qui, l'année d'aprés à Strasbourg, avait crié :"Sarkozy, va niquer ta mére !" et 4 mois pour celui qui, à Aubagne, avait laché : "je nique Sarko, le fils de pute." Ca c'etaient de vraies insultes puisqu'elles ont été punies par la loi. "Pauvre con", "charognard", "tocard", et autre "salope" sont juste des déclarations d'amour à la France entiére.
Jean-luc Porquet
ARTICLE CANARD ENCHAINE
Publié par kimin à 19:13:09 dans SARKORAMA | Commentaires (0) | Permaliens