Ramallah,
28/02/2008. Un bombardement israélien visant le ministère de
l'intérieur à Gaza city a aussi détruit la clinique principale de
Palestinian Medical Relief Society (PMRS) située à proximité et tué un
bébé de 5 mois dans un bâtiment résidentiel tout proche.
Le
bâtiment de PMRS abritait la clinique principale de PMRS dans la bande
de Gaza, la pharmacie centrale, une ambulance, un centre de prêt de
matériel pour handicapés et tous les services administratifs.
L'ambulance, tous les médicaments et la plupart des équipements ont été
détruits. Le bâtiment lui-même est endommagé et ne pourra pas être
utilisé à nouveau sans d'importantes réparations.
L'attaque a aussi touché un immeuble d'habitation tout
proche et tué Mohamad Nasser Al-Borey, 5 mois, dans sa résidence
familiale.
Le docteur Moustafa Barghouthi MP, président de PMRS, a déclaré :
« la punition collective des Palestiniens à Gaza a atteint un niveau
insupportable. Cette attaque a détruit un élément clé du déjà très
abîmé système de santé de Gaza. Israël a perdu tout sens de l'humanité
et le silence de la communauté internationale permet cette escalade
meurtrière contre un peuple enfermé dans une prison géante. Ces
violations incessantes du droit international doivent cesser. Attaquer
le personnel médical est un crime de guerre selon la convention de
Genève. Les organisations régionales et les Etats eux-mêmes doivent
prendre des mesures pour protéger le peuple palestinien contre Israël.
Cela doit cesser, maintenant. »
Le docteur Abdel Hadi Abu Khussa, directeur de PMRS pour la bande de Gaza, a déclare que « la
destruction de la clinique principale, la pharmacie, les bureaux et une
ambulance sont un coup terrible pour les activités de PMRS et vont
augmenter les souffrances des habitants de Gaza. Nous sommes les
victimes d'une punition collective israélienne. »
Au moins 60 Palestiniens ont été tués et plus de 150 blessés, hier, par
la riposte israélienne contre les groupes armés du Hamas. Mahmoud
Abbas, président de l'Autorité palestinienne, suspend les négociations
de paix avec Israël.
« Nous vivons une ambiance de guerre totale », raconte un habitant de Jabaliya. Chef des urgences à Gaza, le docteur Mouawiya Hassanein, évoque des services débordés.
« Nous
ne pouvons pas nous déplacer facilement. Douze de nos ambulances sont
bloquées faute de carburant. Les autres doivent se coordonner au
préalable avec l'armée israélienne » avant de pouvoir intervenir.
Ce
samedi est sans doute l'une des journées les plus meurtrières depuis la
prise de contrôle de la bande de Gaza par le mouvement islamiste Hamas
en juin 2007. Au moins 60 Palestiniens ont été tués et plus de 150
blessés dont de nombreux civils. Dix-huit activistes seraient également
morts. L'armée israélienne signale de son côté
« deux soldats tués et sept blessés, dont un officier ».
Engagée
mercredi, cette offensive israélienne vise à répondre aux tirs émanant
des groupes armés palestiniens. Ces derniers ont utilisé de nouvelles
roquettes. De type Grad, elles sont aussi connues sous le nom de
Katioucha. D'une portée triple aux roquettes artisanales Qassam, elles
sont fabriquées en Russie et en Chine, aussi en Iran et en Syrie.
Durant la guerre du Liban en 2006, le Hezbollah libanais avait tiré des
milliers de Katioucha sur le nord d'Israël. Les Palestiniens viennent
d'en tirer une quarantaine contre Israël, blessant trois civils, dont
deux enfants, dans la ville d'Ashkélon (sud), distante de 10 km de la
bande de Gaza.
Le président palestinien, Mahmoud Abbas, a
suspendu, samedi soir, les négociations de paix avec Israël. Il
renouvelle son appel à
« une protection internationale du peuple
palestinien. Il est impensable que la réaction israélienne aux tirs de
roquettes palestiniens, que nous condamnons, soit aussi terrible et
effroyable ». Pour le ministre de l'Environnement israélien, membre du cabinet de sécurité, Gideon Ezra, il faut
« éliminer tous ceux qui sont impliqués dans les tirs de roquettes y compris Ismaïl Haniyeh »,
le chef du gouvernement Hamas à Gaza. Le vice-ministre israélien de la
Défense, Matan Vilnaï nie tout projet de réoccupation partielle de la
bande de Gaza. Paris a condamné, hier, l'opération militaire
israélienne ainsi que les tirs de roquettes sur les villes d'Israël.
Le conseil de sécurité de l'Onu a décidé de tenir une réunion d'urgence la nuit dernière.